

• Localisation : Port-des-Barques (Nouvelle-Aquitaine)
• Copyright © : Décembre 2025
• Matériel : Canon EOS 6D mark II - Irix 15 mm f/2.4
• Exif (données) : TV 6" - f/22 - ISO 100

• Localisation : Angoulins (Nouvelle-Aquitaine)
• Copyright © : Janvier 2025
• Matériel : Canon EOS 6D mark II - Irix 15 mm f/2.4
• Exif (données) : TV 2.5" - f/22 - ISO 100

• Localisation : Saint-Palais-sur-Mer (Nouvelle-Aquitaine)
• Copyright © : Janvier 2024
• Matériel : Canon EOS 6D mark II - Irix 15 mm f/2.4
• Exif (données) : TV 1.4" - f/10 - ISO 125

• Localisation : Fouras (Nouvelle-Aquitaine)
• Copyright © : Août 2023
• Matériel : Canon EOS 6D mark II - Irix 15 mm f/2.4
• Exif (données) : TV 1/25" - f/11 - ISO 320

• Localisation : Hendaye (Nouvelle-Aquitaine)
• Copyright © : Décembre 2022
• Matériel : Canon EOS 6D mark II - Irix 15 mm f/2.4
• Exif (données) : TV 3/5" - f/22 - ISO 100

• Localisation : Porto-Vecchio (Corse)
• Copyright © : Mai 2016
• Matériel : Pentax KP - Tamron SP 10-24 mm f/3.5-4.5 DI II
• Exif (données) : TV 2" - f/22 - ISO 125

• Localisation : Saint-Pierre-en-Port (Seine-Maritime)
• Copyright © : Août 2016
• Matériel : Pentax KP - Tamron SP 10-24 mm f/3.5-4.5 DI II
• Exif (données) : TV 30" - f/29 - ISO 125

• Localisation : Pleubian (Bretagne)
• Copyright © : Août 2014
• Matériel : Pentax K10D
• Exif (données) : TV 7.6" - f/29 - ISO 125
NAUTIQUES : LE CARNET DE ROUTE
Angoulins (Nouvelle-Aquitaine, 17) Carte : NTK-2 Les falaises d'Angoulins constituent un site géologique et paléontologique majeur du littoral atlantique et sont admises comme un stratotype de référence permettant de définir un "étage corallien" datant d'environ 150 millions d'années (Kimméridgien). Sous l'effet de l'érosion, le sentier du littoral qui en coiffe la crête est fermé au public depuis plusieurs années par crainte d'éboulement : chaque année, la falaise enregistre des reculs pouvant aller jusqu'à 1 mètre et les scientifiques parient sur une immersion sous les eaux à horizon 2050. Au pied des falaises, l'estran du Chay (plate-forme d'abrasion marine) offre une coupe naturelle permettant de lire l'histoire d'une ancienne mer tropicale. Il est majoritairement constitué de roches calcaires et argileuses, de marne et comporte 3 niveaux récifaux (dont un Hard Ground d'une richesse fossilifère exceptionnelle). La superficie totale de l'estran pourrait être estimée à environ 30 hectares (1000 mètres de long sur 300 mètres de large), bien qu'il soit compliqué de la déterminer avec précision tant les coefficients de marée perturbent la prise des côtes. L'idée de la composition PATRIMOINE EN SURSIS est de capter l'abondance rocheuse du site dans une scénographie verticale aux couleurs chaudes. Les reliefs sont soulignés par une lumière diurne déclinante allongeant les contours des récifs. La pose lente a permis d'induire du mouvement pour casser la rugosité d'un environnement particulièrement accidenté.
Port-des-Barques (Nouvelle-Aquitaine, 17) Carte : NTK-1 Port-des-Barques est la dernière commune du continent avant l'île Madame, l'une des 5 îles constituant le territoire d'Île-en-Île de Charente-Maritime (ancienne Saintonge). La particularité de cette île ? Avec seulement 0.78 kilomètres carrés, elle est non seulement la plus petite d'entre toutes mais aussi la seule qui ne soit accessible qu'à marée basse par un unique gué terrestre la reliant au continent : la Passe-aux-Bœufs. A 800 mètres de là, la Grande-Plage accueille chaque soir toutes sortes de promeneurs et de touristes. C'est à la limite Est de cette bucolique bande de sable que je repère cette arche de lumachelle, une roche plutôt friable carbonée à 50% et d'origine détritique pour le reste. Cette roche blanchâtre est particulièrement abondante sur le littoral charentais. L'originalité du sujet : le phénomène de l'érosion marine a sculpté une arche naturelle dont la voûte ne tient plus qu'en équilibre. Dans son sillage : plusieurs blocs de roches noires mates. La composition attire aussitôt mon œil : je fais deux repérages avant de me poser un soir d'hiver et de structurer mon tableau. Mon angle ? Jouer sur les perspectives pour imposer l'arche au premier plan et faire oublier le reste de la côte, densément urbanisée. Un moyen très académique de fausser les proportions et de donner plus d'importance à mon sujet central. Puis j'attends que les dernières lueurs du jour se confondent avec les premières ombres de la nuit, à l'heure où le spectre colorimétrique se pare de rouge et de parme. Cadeau inespéré : quelques stratus se perchent au-dessus de moi et font écho à cette teinte rosâtre qui enveloppe le paysage.
Saint-Palais-sur-Mer (Nouvelle-Aquitaine, 17) Carte : NTK-3 Le massif des Pierrières, visible à la limite Sud de la plage des Platins, est une discordance sédimentaire se jetant dans l'océan sur environ 80 à 100 mètres. Il est formé à la base par des roches calcaires bioclastiques riches en débris fossiles marins (Crétacé supérieur, Maastrichtien, -70 millions d'années) et une brèche calcaire et quartzitique (Éocène, Lutétien, -45 millions d'années) en surface. Ce massif rocheux a la particularité d'être particulièrement dysmorphique, offrant au photographe une palette de sujets remarquablement diversifié sur une surface aussi ramassée. Parmi les sujets potentiels : le pont du Diable (arche naturelle due à un phénomène de karstification par les eaux de pluie et dont la perforation en surface génère des geysers artificiels lorsque la houle s'intensifie) ou encore le Sphynx. En prenant de la hauteur, l'ensemble de la surface calcaire du massif est caractérisé par un alignement de dômes très graphiques se jetant littéralement dans l'océan. Ce jour de janvier 2024, l'océan atlantique est gonflé par un coefficient d'une marée qui vient lécher le pied des falaises jouxtant l'estran du Platin. L'idée est ici de suggérer la silhouette dentelée du massif en se tenant à distance et en ayant recours à un procédé d'ombres chinoises. La composition induit une atmosphère de mystère donnant à l'endroit une connotation plus intrigante. A noter : l'affleurement de blocs particulièrement bien placés a permis de dessiner des contours à l'aide de l'écume laissée par le ressac des vagues.
Hendaye (Nouvelle-Aquitaine, 64) Carte : NTK-5 Le flysch est une formation rocheuse lié un phénomène tectonique majeur. Véritable curiosité naturelle, ce type de formation n'est visible que dans le pays basque (français, espagnol). Il est composé d'une alternance de roches dures (généralement grès ou calcaire) et tendres (marne, argile) lui procurant un aspect strié (dit "en millefeuille") généré par une compression extrêmement brutale (collision entre la plaque ibérique et la plaque européenne à la fin de l'ère secondaire, début de l'ère tertiaire soit -66 millions d'années). Les rochers des 2 jumeaux, visibles à la limite Nord-Nord-Est de la plage du même nom à Hendaye, ont été détachés de la côte sous l'effet de l'érosion marine. Leur couleur rosâtre, spécifique, est liée au fait que ses roches sont "plus jeunes" et dateraient du Danien (début de l'ère tertiaire). Outre le mystère de leur formation, ils ont inspiré bon nombre de légende, allant de celle qui prétend que les deux rochers sont des frères jumeaux pétrifiés à celle mettant en avant l'exploit manqué du chevalier Rolland lorsqu'il tenta de sauver la ville de Bayonne du siège sarrazin. Ce shooting date de décembre 2022 : Noël n'est plus qu'à quelques jours et pourtant la température dépasse la barre des vingt degrés. Sur la plage des deux jumeaux, certains baigneurs se lancent même dans l'eau, comme au plus fort de la belle saison. Lorsque j'arrive sur la plage, le ciel est bas : un épais manteau de cumulus évolue en direction du Sud. Je prends le pari d'une image et plante le trépied dans le sable : mon séjour à Hendaye est bref et je ne dispose que d'une seule soirée pour glisser dans ma photothèque un échantillon de ces flysch mythiques. Ma patience paye : alors que la lumière décline bientôt derrière la ligne d'horizon, les planètes s'alignent enfin : quelques trouées dans la couche nuageuse percent la nappe et illuminent de plein fouet les roches, soulignant leur texture.
Porto-Vecchio (Corse, 2A) Carte : NTK-6 L'histoire de la Corse s'est écrite en 4 chapitres. Le premier s'écrit en -300 millions d'années : nous sommes alors à l'époque de l'Hercynien, qui se caractérise entre autres par ses chaines de montagnes culminant à près de 6000 mètres d'altitude sur une grande partie du globe. Corse et Sardaigne ne font alors qu'un. Les deux territoires font partie intégrante du massif des Maures. Mais en sous-sol, d'immenses chambres magmatiques sont en cours de refroidissement et annoncent un mouvement tectonique majeur. -50 millions d'années (orogénèse alpine) : la plaque africaine remonte vers la plaque eurasiatique, ce qui entraîne peu à peu la fermeture du super-océan Téthys. La Corse schisteuse aux reliefs particulièrement accidentés se forme tandis que la Corse des plaines est littéralement propulsée en hauteur, créant ainsi des vastes plateaux culminants (Bonifacio). Puis il y a 30 à 15 millions d'années, la plaque africaine amorce un virage qui aura pour effet de détacher progressivement la Corse et la Sardaigne du reste du continent et de les isoler en pleine mer (cycle de la surrection il y a 15 millions d'années) L'histoire du golfe de Santa Manza, elle, est d'ordre volcanique (roches magmatiques et plutoniques) et remonte à la formation du microcontinent corso-sarde. Plus précisément, le golfe est à la jonction des massifs cristallins du nord de l'île et des côtes en granit et le plateau calcaire de Bonifacio datant du Néogène caractérisant le sud de l'île. Comme la plupart des autres golfes de cette région, ils sont un témoignage direct de l'épopée tectonique qui a permis à la Corse de devenir un lieu unique au monde, partagé entre la Montagne et la Mer. Printemps 2016 : à l'horizon, un front nuageux chargé annonce l'imminence d'une perturbation très active. Alors que j'explore les petites plages et criques privées du domaine de Pozzomenio au petit matin, les massifs granitiques de la pointe de la Cappicciola me donnent l'impression de s'éloigner dans cette brume atmosphérique créant une ambiance particulière. Bien qu'occultant le soleil, ils font également office de panneau réflecteur de sa lumière cuivrée qui, rapidement, inonde l'ensemble du golfe de Santa Manza. Pas de lumière directe : les ombres s'écrasent au sol, le paysage ne prend pas de relief. Le sentiment furtif de fouler le sol de Mars, à la différence près que face à moi, les eaux de la Méditerranée se gonflent tellement que je m'attendrai presque à les voir franchir la barrières de blocs granitiques qui constituent ma seule et unique protection.
Saint-Pierre-en-Port (Normandie, 76) Carte : NTK-7 L'histoire des falaises de la côte d'Albâtre (dont Etretat est le site le plus emblématique) début au Crétacé, entre 100 à 65 millions d'années de notre ère : la Normandie n'est alors encore qu'un fond marin recouvert par une mer chaude, sur lequel s'accumulent des milliards de micro-organismes et d'algues microscopiques (coquilles, squelettes calcaires) formant un dépôt détritique. À la fin du Crétacé supérieur (70 millions d'années), les eaux de la mer boréale commencent à se retirer sous l'effet d'une régression marine (Maastrichtien). Ce dépôt détritique se durcit et génère de la craie pure dans laquelle se fossilisent des nodules de silex (débris d'éponges riches en silice). Par un effet de plissement (flambage lithosphérique) provoqué par la collision de la plaque africaine avec la plaque eurasiatique (orogénèse Alpine) se réalisant pourtant à des centaines de kilomètres de là, ces fonds marins sont brusquement et brutalement soulevés en hauteur (anticlinal de Bray, plateau tabulaire de Caux). Une mer s'engouffrera à nouveau dans l'immense chenal (British Channel ou Manche) à la base de la chaîne de falaises unique au monde dont la morphologie se figera enfin. Une chaîne qui régresse aujourd'hui sous les effets de l'érosion marine. Cet été 2016 figure déjà parmi le cycle des premiers étés caniculaires qui annoncent la phase de dérèglement et de réchauffement climatique qui s'amplifie visuellement aujourd'hui, d'où la sensation d'un "rendez-vous" manqué. Plus à l'Ouest de Saint-Pierre-en-Port : Etretat et son arche remarquable, mais livré à un surtourisme qui en rend aujourd'hui l'exploitation photographique quasiment impossible. Au pied des Grandes Dalles du pays de Caux, un estran recouvert d'algues noires (visibles au premier-plan) à la superficie inestimable et spectaculaire. C'est là que je me perche tandis que les eaux de la Manche ont déjà commencé leur flux annonçant la marée haute. L'obscurité de la nuit commence elle-aussi à envahir le site : je patiente, coordonne et aligne marée + crépuscule (bas) et obtient l'image qui inspirera plus tard ce premier portfolio du projet Varagna.
Pleubian (Bretagne, 22) Carte : NTK-8 Ce soir d'août 2014, les conditions sont idéales pour une billebaude crépusculaire. Dans la journée déjà, je suis venu arpenter ce littoral récifal à la roche abondante. Une roche rouge…une roche qui s'oxyde ou qui, un peu plus loin, évoque le passif magmatique de cette région où le temps s'est arrêté tant le noir mat qui polit sa surface lui donne son aspect charbonneux. L'âme de Bretagne est décidément intemporelle : les pénéplaines de la Bretagne-Nord semblent être hermétiques au temps qui passe. Imaginez plutôt : nous sommes au beau milieu de l'ère Paléozoïque, il y a environ 350 millions d'années de notre ère. La morphologie intercontinentale de notre globe n'est alors encore qu'en pleine formation. Le supercontinent Gondwana, au Sud, est entré en collision avec la Laurussia, au Nord. La Bretagne est prise en étau entre les deux supercontinents : le choc provoque un plissement d'une intensité extraordinaire qui fait émerger un super-océan, la Pangée, et surtout une chaîne de montagnes culminant entre 4000 et 6000 mètres d'altitude sur plus de 5000 kilomètres de long et 700 à 1000 kilomètres de large. Une chaîne si vaste qu'elle forme un véritable barrage naturel aux eaux de la Pangée. Le cycle des climats est plutôt tropical : fougères géantes et feuillus aux dimensions spectaculaires règnent en abondance sur l'écosystème. 50 millions d'années plus tard, les eaux de la Pangée entament une phase d'érosion de la chaîne Varisque qui durera pendant près de 300 millions d'années. Les alpes bretonnes finiront par disparaître mais les pénéplaines des pays celtes garderont par endroit des stigmates visibles de cette épopée magmatique, des cicatrices de leur grandeur passée. Fermez les yeux, écoutez attentivement : vous aurez peut-être l'impression que la brise du Large portera un bref instant le murmure de ces géants tombés dans l'oubli…
Fouras (Nouvelle-Aquitaine, 17) Carte : NTK-4 Fouras se conjugue au pluriel : d'abord promise à un statut militaire (dont témoigne l'emblématique fort Boyard bornant la limite d'un promontoire rocheux immergé à seulement 6 kilomètres de l'île d'Aix), la commune se métamorphose en joyau balnéaire du littoral charentais au cours du XIXème siècle. En réalité, son histoire n'est pas visible à l'œil nu mais bien…sous l'océan ! Imaginez plutôt : en l'an 1400, l'île d'Aix est encore accessible…à pied ! Le niveau de l'océan se situe alors 100 mètres plus bas qu'à l'heure actuelle, et les paysages de la côte se caractérisent par un vaste réseau de bras de mer, de vallées et de rias. Les fonds océaniques recèlent encore sans doute des vestiges d'une vie passée : des menhirs, des dolmens et autres ruines diverses. À la surface, la pluralité des paysages témoignent d'une formation rocheuse tourmentée par l'érosion marine : des plages de sable blanc s'échouent sur des bancs de galets, des estrans rocheux ou des bandes récifales que l'on croirait presque volcaniques. A tort, car la chose est unanimement reconnue : la géologie aquitaine est principalement d'ordre sédimentaire. Ces roches ferrugineuses découvertes en arpentant l'un des sentiers douaniers ceinturant la commune ne sont donc qu'un leurre : leur aspect déstructuré n'est pas lié à un passé magmatique mais à l'érosion de couches tendres rongées par les marées, tandis que les couches les plus dures, riches en fer, ont résisté à l'assaut des vagues et se sont oxydées avec le temps pour devenir aujourd'hui presque totalement noires. Les premiers jours de ce mois d'août 2023 se caractérisent par le passage d'un fort coup de vent totalement inhabituel pour une période estivale. Jugez plutôt : 80 kilomètres/heure dans les terres, entre 100 et 110 kilomètres/heure sur le littoral Ouest et la Manche. La combinaison de ce "coup de vent" et d'une forte houle a composé un tableau insolite dans lequel un climat d'automne a côtoyé des lumières d'été pendant quelques jours.

